Oral français (colles)

La salle de préparation et de passage est la 277 (bâtiment du restaurant scolaire, escalier de gauche, 2e étage, couloir de droite).

Oraux français colles (modifié début mars) 2024-2025Oraux français colles (modifié début mars) 2024-2025 (316.97 Ko)

Devoirs surveillés

Samedi 12 octobre, lundi 16 décembre (concours blanc I), samedi 25 janvier, samedi 29 mars, vendredi 23 mai (concours blanc 2).

Programme de français en hypokhâgne

Nous mènerons une étude croisée des trois principaux genres littéraires – roman, poésie, théâtre – en comparant dans chaque chapitre des œuvres d’un même siècle où l’on peut retrouver un imaginaire ou des préoccupations semblables. Les exercices et les leçons d'histoire littéraire sur chaque genre fourniront des prolongements en évoquant des œuvres d'autres siècles.

Septembre-Novembre, chapitre I, "La force du renoncement". Siècle d'ancrage : le XVIIe s. Genre majeur : le théâtre. Œuvre phare : Bérénice (1670) de Racine. Œuvres complémentaires pour passage à l'oral : Corneille, Le Cid (1637) ; Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier (nouvelle historique, 1662).

Novembre-Janvier, chapitre II, "Se laisser guider ?". Siècle d'ancrage : le XVIIIe s. Genre majeur : le roman. Œuvre phare : Jacques le fataliste et son maître (1784) de Diderot. Œuvres complémentaires pour passage à l'oral : Nicolas Gilbert, "Le dix-huitième siècle" (satire en vers, 1775) ; Laclos, Les Liaisons dangereuses (1782).

Janvier-Mars, chapitre III (plus bref), "L'artiste face à la marche des siècles". Siècle d'ancrage : le XIXe s. Poésie et littérature générale (croisement des genres) : l'écrivain, interprète de l'Histoire. Œuvre phare : La Légende des siècles. Les Petites épopées (1859, éd. Claude Millet, Le Livre de poche, collection "Classiques") de HugoŒuvres complémentaires pour passage à l'oral : Du Bellay, Les Regrets (1558) ; Zola, Au Bonheur des Dames (1883) (roman déjà abordé au chap. II).

Mars-Juin, chapitre IV, "Cette chanson lointaine". Siècle d'ancrage : XXe s. Genres majeurs : la poésie et l'écriture de soi. Œuvre phare : Le Roman inachevé (1956) d'Aragon. Œuvres complémentaires pour passage à l'oral : Natalie Barney, Nouvelles Pensées de l'Amazone (1939) ; Jean Rouaud, Comment gagner sa vie honnêtement (2011).

Maîtrise de la langue française

Fiche fautes courantes 2022Fiche fautes courantes Une fiche à avoir en tête et à consulter régulièrement pour progresser dans la relecture de vos copies.

Exercices de grammaire pour travailler les accords, en commençant par le participe (suivez le lien).

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Chapitre IV - "Cette chanson lointaine"

En complément de la poésie d'Aragon, 
une œuvre méconnue

(hybride de poésie amoureuse en vers et d'aphorismes moraux en prose)

Natalie Barney L'Amazone

Natalie Barney (1876-1972), Nouvelles Pensées de l'Amazone (1939).BarneyBarney (5.54 Mo)

Présentation de l'œuvre sur nonfiction.fr

La carte de Tendre imaginée par Madeleine de Scudéry (1607-1701), en son roman Clélie (1654).

Natalie Barney in fur cape 1896

 

 

 

 

 

 

 

Natalie en cape de fourrure, portrait de l'autrice à l'âge de vingt ans, par sa mère Alice, 1896.

 

 

 

 

 

Autre œuvre à étudier, d'un auteur Prix Goncourt en 1990, Jean Rouaud

Jean Rouaud Gagner sa vie 2011

Jean Rouaud (né en 1952 à Campbon, Loire-Atlantique), Comment gagner sa vie honnêtement (La vie poétique, tome 1), 2011.

« Une vie poétique ? Disons une vie dont la poésie est le guide-fil. On embarque avec un héritage (des valeurs pieuses, un père mort, une enfance pluvieuse), avec un désir d’écriture, un rêve d’amour, et puis, son maigre bagage sur le dos, on traverse un territoire marqué par des événements, ici l’onde de choc de mai 68. Ce qui oblige à répondre à la question : qu’est ce que l’époque m’a fait ? Elle m’a fait qu’à vingt ans, par exemple, il n’était pas envisageable de penser sérieusement à travailler – ce qui allait bien avec l’idée poétique – et encore moins honnêtement quand, dans les milieux marginaux qui quittaient la ville pour s’installer en communauté à la campagne, on vivait surtout de combines et de rapines. Elle m’a fait que, dans ce juste refus du règne de l’argent et des mirages consuméristes, il ne restait plus que les petits boulots pour survivre. Et ce qui devait être une vie insouciante, libre et joyeuse se transformait, les années passant, d’une enquête sur un apéritif à la gentiane à la vente d’une encyclopédie médicale au porte-à-porte, en un sentiment de gâchis. »

Rouaud comment gagner sa vie honne tement2011 extraitsRouaud_Comment gagner sa vie honnêtement_2011_extraits (10.93 Mo)

Pour lire p. 13-16 -- Chardin, La Tabagie (Pipe et vase à boire), 1750-1775, Musée du Louvre, 32x40cm. (Cliquer sur l'image pour afficher les détails manquant à gauche.)

Tabagie chardin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chapitre III - "L'artiste face à la marche des siècles"

Corrigé commentaire Hugo, "Plein ciel", v. 455-519.

Squelette corrigé Hugo "Plein ciel" (23.53 Ko)

 

La poésie face à l'ambition sociale

Une source antique pour le sonnet 74 : Horace (-65 -8), Satires (Sermones), I, 6, lien vers le texte en traduction. (Vers latins.)

 

Commentaire sur "Le crapaud" (La Légende des siècles, XIII, 2)

"Crapaud" Hugo - Introduction et plan (57.15 Ko)

 

Une structure des Regrets (1558) de Du Bellay

D'après le professeur George H. Tucker, université de Reading, document réalisé par Mme Costa-Colin

Voir George Hugo Tucker commente Les Regrets [...], Gallimard, Folio, 2000.

 

Édition de La légende des siècles à se procurer de préférence (voir ci-dessous pour l'extrait de Proust)

Édition Le Livre de poche Hugo Siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Chapitre II - "Se laisser guider ?"

La métaphore proustienne de l'œuvre comme "instrument optique"

Extrait du Temps retrouvé (1927, publication posthume), dernier volume du cycle romanesque À la recherche du temps perdu.
Lien vers le passage du roman sur Wikisource.

...il est encore plus frappant de la voir [la beauté], obtenant tous les hommages d’un grand seigneur qui délaisse aussitôt une belle princesse, émigrer sous la casquette d’un contrôleur d’omnibus. Mon étonnement, à chaque fois que j’avais revu aux Champs-Élysées, dans la rue, sur la plage, le visage de Gilberte, de Mme de Guermantes, d’Albertine, ne prouvait-il pas combien un souvenir ne se prolonge que dans une direction divergente de l’impression avec laquelle il a coïncidé d’abord et de laquelle il s’éloigne de plus en plus ? L’écrivain ne doit pas s’offenser que l’inverti donne à ses héroïnes un visage masculin. Cette particularité un peu aberrante permet seule à l’inverti de donner ensuite à ce qu’il lit toute sa généralité. Si M. de Charlus n’avait pas donné à l’ « infidèle » sur qui Musset pleure dans la Nuit d’Octobre ou dans le Souvenir, le visage de Morel, il n’aurait ni pleuré, ni compris, puisque c’était par cette seule voie, étroite et détournée, qu’il avait accès aux vérités de l’amour. L’écrivain ne dit que par une habitude prise dans le langage insincère des préfaces et des dédicaces, « mon lecteur ». En réalité, chaque lecteur est quand il lit, le propre lecteur de soi-même. L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument optique qu’il offre au lecteur afin de lui permettre de discerner ce que sans ce livre, il n’eût peut-être pas vu en soi-même. La reconnaissance en soi-même, par le lecteur, de ce que dit le livre, est la preuve de la vérité de celui-ci et vice-versa, au moins dans une certaine mesure, la différence entre les deux textes pouvant être souvent imputée non à l’auteur mais au lecteur. De plus le livre peut être trop savant, trop obscur pour le lecteur naïf et ne lui présenter ainsi qu’un verre trouble avec lequel il ne pourra pas lire. Mais d’autres particularités (comme l’inversion) peuvent faire que le lecteur ait besoin de lire d’une certaine façon pour bien lire ; l’auteur n’a pas à s’en offenser mais au contraire à laisser la plus grande liberté au lecteur en lui disant : « Regardez vous-même si vous voyez mieux avec ce verre-ci, avec celui-là, avec cet autre. »

 

Références complémentaires sur l'art romanesque

Exemples pour dissert roman_Conte graal et Manon LescautExemples pour dissert roman_Conte graal et Manon Lescaut (58.72 Ko)

Extrait_Perec_Les Choses_1965Extrait_Perec_Les Choses_1965 (5.5 Mo)

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Chapitre I - "La force du renoncement"

Corrigé du devoir surveillé sur théâtre et droit

Corrigé Biet théâtre et droit ds lettresCorrigé Biet théâtre et droit ds lettres (65.71 Ko)

 

Interjections au théâtre

Elles font partie de ces tournures qui 'servent à construire une image de l’énonciation, qui apparaît alors comme arrachée au locuteur par les sentiments ou sensations qu’il éprouve (…) qui servent à authentifier la parole : en les prononçant, on se donne l’air de ne pas pouvoir faire autrement que de les prononcer' (Ducrot et Schaeffer, Nouveau Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Éd. du Seuil, 1995, p. 607). Cette caractérisation met l’accent sur le caractère théâtral de l’interjection, qui met en quelque sorte en scène la réaction émotive du locuteur : non seulement ce dernier dit quelque chose, mais encore il met en scène la manière même dont il énonce.
(Yana Grinshpun, "Interjections et polyphonie : Quoi! et ses emplois au théâtre", Cahiers AFLS, 2009).

Lorsqu’on exprime ses sentiments, on donne souvent à un mot qui est venu à l’esprit par hasard une intonation expressive et profonde. Or, souvent, il s’agit d’une interjection ou d’une locution vides de sens. Tout le monde ou presque a ses interjections et locutions favorites ; il arrive qu’on utilise de façon courante un mot très chargé sémantiquement pour résoudre de façon purement intonative des situations ou des crises de la vie quotidienne, qu’elles soient mineures ou graves. On trouve, servant de soupapes de sécurité intonatives, des expressions telles que « C’est ça, c’est ça », « Oui, oui », « Voilà, voilà », « Eh bien, eh bien », etc. (Bakhtine et Volochinov, Le Marxisme et la philosophie du langage, 1929 ; trad. fr. 1977.)

 

Références complémentaires sur le théâtre et la loi

Vous trouverez dans ce premier document une présentation des pièces évoquées, axée sur le sujet auquel vous réfléchirez en dissertation – ces présentations seront parfois un simple rappel (par exemple sur Antigone et sa ré-écriture). Il sera bon ensuite que vous alliez lire par vous-même des extraits de l'œuvre évoquée pour vous faire une idée plus précise. Vous trouverez certains de ces extraits ci-dessous. Réf complémentaires théâtre et loiRéf complémentaires théâtre et loi (76.87 Ko)

Sophocle_Antigone scène 3_lois non écritesSophocle_Antigone scène 3_lois non écrites (1021.69 Ko) Brecht_Ascension Arturo Ui_tableau 7Brecht_Ascension Arturo Ui_tableau 7 (4.5 Mo) 

Tumules Aubert débutTumultes Aubert début (4.39 Mo) Tumultes Aubert finTumultes Aubert fin (2.7 Mo)

Sujet d'entraînement théâtre

« Il y a des espaces où on peut faire l’expérience d’une certaine catastrophe, d’un certain n’importe quoi, d’un certain chaos, et on en ressort fortifié pour affronter d’autres endroits qui demandent effectivement plus de politesse ou de 'voile'. Le théâtre fait partie de ces endroits où l’on fait l’expérience de la catastrophe. »
Gwenaël Morin, entretien avec La Réplique, avril 2019.

Un extrait intéressant chez Koltès

"[Le client. —] Ainsi ne faisons-nous rien d’autre que reproduire le rapport ordinaire des hommes et des animaux entre eux aux heures et aux lieux illicites et ténébreux que ni la loi et ni l’électricité n’ont investis ; et c’est pourquoi par haine des animaux et par haine des hommes, je préfère la loi et je préfère la lumière électrique et j’ai raison de croire que toute lumière naturelle et tout air non filtré et la température des saisons non corrigée fait le monde hasardeux ; car il n’y a point de paix ni de droit dans les éléments naturels, il n’y a pas de commerce dans le commerce illicite, il n’y a que la menace et la fuite et le coup sans objet à vendre et sans objet à acheter et sans monnaie valable et sans échelle des prix, ténèbres, ténèbres des hommes qui s’abordent dans la nuit ; et si vous m’avez abordé, c’est parce que finalement vous voulez me frapper ; et si je vous demandais pourquoi vous voulez me frapper, vous me répondriez, je le sais, que c’est pour une raison secrète à vous, qu’il n’est pas nécessaire, sans doute, que je connaisse. Alors je ne vous demanderai rien. Parle-t-on à une tuile qui tombe du toit et va vous fracasser le crâne ? On est une abeille qui s’est posée sur la mauvaise fleur,  on est le museau d’une vache qui a voulu brouter de l’autre côté de la clôture électrique ; on se tait ou l’on fuit, on regrette, on attend, on fait ce que l’on peut, motifs insensés, illégalité, ténèbres." (Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton, 1985.)

 

Théorie du chaos (séance du 30 septembre)

Théâtre Touchard DionysosThéâtre Touchard Dionysos (4.03 Mo)


Démasquer l'imposteur dans le Tartuffe (1664)

Molière_Tartuffe_Orgon sous la tableMolière_Tartuffe_Orgon sous la table (6.5 Mo)

Mise en scène de Jean Meyer (1962)

 

L'arrière-plan historique de La Princesse de Montpensier (1662)

Diaporama guerres de religion_nouvelle de Mme de Lafayette (20 septembre)

 

Corneille

Une mise en voix

Les "stances" du Cid par un comédien emblématique des années d'après-guerre, qui a marqué le rôle : Gérard Philipe. Le metteur en scène Jean Vilar, fondateur du Festival d'Avignon et du Théâtre National Populaire (TNP), lui confie le rôle du héros cornélien dans sa mise en scène pour la 2e édition du festival en 1948.

 

L'essentiel sur le théâtre de Corneille

Corneille_Manuel de Lagarde et MichardCorneille_Manuel de Lagarde et Michard (19.97 Mo)

 

Bérénice

Adaptation pour la télévision par Jean-Claude Carrière et Jean-Daniel Verhaeghe (2000), avec Carole Bouquet, Gérard Depardieu et Jacques Weber (Antiochus).

 

Le mépris pour le climat élégiaque 
 

Villars

Lien vers des extraits de la Critique de Bérénice, 1671, par l'abbé Montfaucon de Villars

Voltaire au siècle suivant


"Je n'ai jamais cru que la tragédie dût être à l'eau-rose. L'églogue en dialogues, intitulée Bérénice, à laquelle madame Henriette d'Angleterre fit travailler Corneille et Racine, était indigne du théâtre tragique : aussi Corneille n'en fit qu'un ouvrage ridicule ; et ce grand maître Racine eut beaucoup de peine, avec tous les charmes de sa diction éloquente, à sauver la stérile petitesse du sujet. J'ai toujours regardé la famille d'Atrée, depuis Pélops jusqu'à Iphigénie, comme l'atelier où l'on a dû forger les poignards de Melpomène [muse de la tragédie]. Il lui faut des passions furieuses, de grands crimes, des remords violents. Je ne la voudrais ni fadement amoureuse, ni raisonneuse. Si elle n'est pas terrible, si elle ne transporte pas nos âmes, elle m'est insipide." (Lettre-préface de la tragédie de Voltaire Les Pélopides, ou Atrée et Thyeste, 1772.)

 

Pour l'exercice d'explication de texte

Méthode explication texte 2024_1_introductionMéthode explication texte 2024_1_introduction (97.95 Ko)

 

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[Ressources qui seront abordées plus tard]

LETTRE DE SAMUEL BECKETT À MICHEL POLAC, JANVIER 1952
Je n'ai pas d'idées sur le théâtre. Je n'y connais rien. Je n'y vais pas. C'est admissible. Ce qui l'est sans doute moins, c'est d'abord, dans ces conditions, d'écrire une pièce, et ensuite, l'ayant fait, de ne pas avoir d'idées sur elle non plus. C'est malheureusement mon cas. Il n'est pas donné à tous de pouvoir passer du monde qui s'ouvre sous la page à celui des profits et pertes, et retour, imperturbable, comme entre le turbin et le Café du Commerce. Je ne sais pas plus sur cette pièce que celui qui arrive à la lire avec attention. Je ne sais pas dans quel esprit je l'ai écrite. Je ne sais pas plus sur les personnages que ce qu'ils disent, ce qu'ils font et ce qui leur arrive. De leur aspect j'ai dû indiquer le peu que j'ai pu entrevoir. Les chapeaux melon par exemple. Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s'il existe. Et je ne sais pas s'ils y croient ou non, les deux qui l'attendent. Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d'en voir l'intérêt. Mais ce doit être possible. Estragon, Vladimir, Pozzo, Lucky, leur temps et leur espace, je n'ai pu les connaître un peu que très loin du besoin de comprendre. Ils vous doivent des comptes peut-être. Qu'ils se débrouillent. Sans moi. Eux et moi nous sommes quittes.
Samuel Beckett

L'interview silencieuse après la réception du Nobel en 1969.

 

 

 

Antonin Artaud : un théâtre à vif

Artaud (1896-1948), Le Théâtre et son double (1938), Gallimard, "Idées nrf", 1964.

Le plus urgent ne me paraît pas tant de défendre une culture dont l'existence n'a jamais sauvé un homme du souci de mieux vivre et d'avoir faim, que d'extraire de ce que l'on appelle la culture, des idées dont la force vivante est identique à celle de la faim.
Nous avons surtout besoin de vivre et de croire à ce qui nous fait vivre et que quelque chose nous fait vivre, -- et ce qui sort du dedans mystérieux de nous-mêmes ne doit pas perpétuellement revenir sur nous-mêmes dans un souci grossièrement digestif. (Préface, "Le théâtre et la culture", p. 10.)

Si le théâtre est fait pour permettre à nos refoulements de prendre vie, une sorte d'atroce poésie s'exprime par des actes bizarres où les altérations du fait de vivre démontrent que l'intensité de la vie est intacte, et qu'il suffirait de mieux la diriger. (Préface, "Le théâtre et la culture", p. 12.)

Car si le théâtre agit comme la peste, ce n'est pas seulement parce qu'il agit sur d'importantes collectivités et qu'il les bouleverse dans un sens identique. Il y a dans le théâtre comme dans la peste quelque chose à la fois de victorieux et de vengeur. Cet incendie spontané que la peste allume où elle passe, on sent très bien qu'il n'est pas autre chose qu'une immense liquidation.
Un désastre social si complet, un tel désordre organique, ce débordement de vices, cette sorte d'exorcisme total qui presse l'âme et la pousse à bout, indiquent la présence d'un état qui est d'autre part une force extrême et où se retrouvent à vif toutes les puissances de la nature au moment où celle-ci va accomplir quelque chose d'essentiel. ("Le théâtre et la peste", p. 38.)

Tout dans cette façon poétique et active d'envisager l'expression sur la scène nous conduit à nous détourner de l'acception humaine, actuelle et psychologique du théâtre, pour en retrouver l'acception religieuse et mystique dont notre théâtre a complètement perdu le sens. ("La mise en scène et la métaphysique", p. 67-68.)

Je propose donc un théâtre où des images physiques violentes broient et hypnotisent la sensibilité du spectateur pris dans le théâtre comme dans un tourbillon de forces supérieures. / Un théâtre qui, abandonnant la psychologie, raconte l'extraordinaire, mette en scène des conflits naturels, des forces naturelles et subtiles [...]. ("En finir avec les chefs-d'oeuvre", p. 126.)

 

Théâtre et politesse, corrigé partiellement rédigé

Voir la page Corrigés de devoir

 

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(Programme des concours préparés en 2e année - khâgne)

Tronc commun

Guilleragues, Lettres portugaises (1669)
Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie (1788)
Gustave Flaubert, Madame Bovary (1857)
Marguerite Duras, Le Ravissement de Lol V. Stein (1964)

Programme ENS Paris 2025

Commentaire pour l'option Lettres modernes, thème "Folie" :

Louise Labé, Débat de Folie et d’Amour (1555)
Victor Hugo, Le Roi s’amuse (1832)
Maupassant, Le Horla (1887) et autres nouvelles 
Jean-Paul Sartre, Les Séquestrés d’Altona (1959)

Programme ENS Lyon 2025

Option lettres modernes, "Poèmes de la guerre"

René Char, Fureur et mystère (1948)
Anna Akhmatova, Requiem (1963)

 

Repères historiques

Histoire de france frise

Frise histoire de france lito